TELESUIVI COVID0

Le Patient, au cœur de la stratégie informatique pour le Centre Hospitalier de Sambre-Avesnois

Entre la généralisation de la télémédecine depuis quelques années, le déploiement en un temps record du module de téléconsultation et de télésuivi, ou la mise en place de tablette tactile pour préserver le lien social des résidents, la direction générale du Centre Hospitalier de Maubeuge, et notamment depuis 1 an Monsieur Patrick JACSON Directeur Général par intérim, a clairement choisi de mettre le système d’information au service des patients – hospitalisés ou non.

 

Au travers d’un entretien avec la Directrice des Systèmes d’Information Nicole Flambard, retour sur son expérience et les projets priorisés pendant la crise sanitaire du COVID-19.

 

Le Centre Hospitalier de Sambre-Avesnois est-il fortement impacté par la crise sanitaire du COVID-19 ?

 

Malheureusement, comme beaucoup d’hôpitaux et de cliniques en France aujourd’hui, nous ne sommes pas épargnés. Notre organisation dans ce contexte de crise nous a permis de maitriser la situation. La prise en charge des patients atteints du coronavirus est garantie : tous les lits en réanimation sont occupés mais nos capacités d’accueil ne sont pas dépassées, notamment en soins critiques.

 

En parallèle, sur la partie de la Direction des Systèmes d’Information, nous avons clairement revu nos programmes et nos priorités. Trois grands projets ont été mis en route pour faire face à la crise et être en capacité de continuer à jouer notre rôle de fournisseur de soins pour les 230 000 habitants du bassin de la population.

 

Le premier a été de décaler certains projets pour prioriser le déploiement en moins d’une semaine de la Téléconsultation et du Télésuivi. Depuis de nombreuses années nous utilisions déjà la plateforme de Télémédecine de la société NEHS DIGITAL, et c’est dans la continuité du projet de l’avoir étendu à ces deux modules complémentaires. Toutes nos équipes ont été fortement investies pour se mettre en ordre de marche, entre l’ouverture des réseaux, l’accompagnement des futurs utilisateurs, la formation et le suivi du projet.

 

Au-delà de proposer des outils simples d’utilisation pour assurer la continuité de la prise en charge des patients à distance, un autre projet nous tenait à cœur pour nos résidents en EHPAD et nos patients hospitalisés. Aujourd’hui ils ne peuvent plus recevoir de visites, et nous devions leur assurer un système pour garder un lien social avec leur famille ou leur proche. Il a été choisi de déployer de nombreuses tablettes qui leur permettent d’échanger en visio régulièrement, pour pallier le manque de proximité.

 

Enfin, à l’hôpital nous avons également dû revoir notre organisation, et le dernier projet a été notamment le déploiement du télétravail pour certains agents, avec le renforcement d’outils pour permettre l’accès sécurisé à distance aux applications de l’hôpital.

 

La télémédecine ne semble pas être un projet nouveau pour vous. Depuis combien de temps est-elle au cœur de la stratégie de votre établissement ? Quels services l’utilisent ?

 

Depuis de nombreuses années le Centre Hospitalier s’est engagé à mettre en place un large projet dédié à la Télémédecine, avec le Télé-Urgence, le Télé-AVC, le Télé-EEG, et désormais le Télé-Aorte. Nous l’avons élargi depuis 4 ans à la télé-expertise entre les professionnels libéraux de santé de l’Association du Pôle Santé Sud Avesnois et une équipe experte de praticiens exerçant au CH. Cette activité de télémédecine cible tout patient présentant une plaie chronique et/ou complexe à traiter ou à retard de cicatrisation.

 

Ce sujet n’est pas nouveau pour nous et mérite d’ailleurs d’être étendu. Lorsque la crise sanitaire du COVID-19 est arrivée, il était évident pour nous que la Téléconsultation allait permettre d’assurer la continuité de la prise en charge de nos patients, atteints du COVID-19 ou d’autres pathologies qui méritent un suivi régulier (nb : maladies chroniques, rendez-vous post intervention chirurgicale, etc.). Aujourd’hui, plus d’une dizaine de services l’utilisent : la maternité, la psychiatrie, la pédo-psychiatrie, les services de chirurgie, de diabétologie, de neurologie, de cardiologie, de pédiatrie, etc. La population doit continuer à se soigner, et avec le coronavirus, les personnes peuvent avoir certaines réserves à venir à l’hôpital, entre la peur d’être contaminées ou les files d’attentes non maîtrisées.

 

La téléconsultation permet aujourd’hui de proposer à distance l’offre de soin du Centre Hospitalier de Maubeuge, et les médecins, les soignants ou les acteurs du médico-social peuvent s’appuyer dessus pour maintenir la continuité des soins ou réaliser des actes d’éducation thérapeutique. Depuis 2019, nous avions ce projet en tête et il était prévu en début d’année de déployer la solution déjà pour les EHPADs et également pour l’UCSA du centre pénitentiaire qui relèvent du CH de Maubeuge.

 

La solution NEHS DIGITAL a été choisie car portée par le GIP SIB auquel nous sommes adhérents, et nous avons au cœur de notre stratégie l’interopérabilité. Et clairement, entre la solution KelDoc, notre Dossier Patient Informatisé Sillage, et la solution de télémédecine Nexus Platform les interfaces ont été prévues et sont simples à réaliser. L’idée, même en temps de crise, est de continuer à avoir un système d’information structuré, sécurisé et efficient.

 

Ce système de Téléconsultation aide-t-il les patients atteints du COVID-19 ?

 

Avec le recul, la téléconsultation se généralise autant pour les patients positifs au COVID-19 que pour les patients atteints d’autres pathologies. Pour les patients atteints du coronavirus, un outil complémentaire est utilisé en premier, il s’agit du Télésuivi. Un questionnaire est proposé aux patients afin de suivre au quotidien ses symptômes et l’évolution de la maladie. Selon les résultats, il peut être admis aux Urgences, ou déclencher une téléconsultation pour aller plus loin dans l’analyse de son état de santé. La technologie ici accompagne clairement son parcours de soins et permet une réactivité plus importante en cas d’aggravation des symptômes.

Pour les soignants, ces deux modules leur permettent d’échanger des compte-rendus, des ordonnances avec le patient, et ce dernier peut même importer ces documents sur la plateforme. Le lien et le passage d’information est facilité tout en étant sécurisé. C’est ce qu’il faut mettre en place aujourd’hui, des solutions intuitives qui simplifient l’échange d’informations, en respectant la confidentialité des données.

 

 

Quelle est votre vision post COVID-19 ?

Il est compliqué aujourd’hui de parler du post Covid-19, car nous n’en sommes pas encore sortis, et les médecins de l’hôpital en sont persuadés également. Pour nous, clairement la télémédecine est un vrai plus, et les habitudes médicales sont en train de changer, d’évoluer. Attention, il restera toujours des freins à l’usage : certaines pathologies ne se prêtent pas à la téléconsultation et nécessitent un examen en présentiel, certaines personnes ne sont pas formées aux outils informatiques ou aux nouvelles technologies. Le désert numérique existe encore en France et il reste encore quelques réticences sur la relation à distance avec le patient. Pour moi, il faut continuer à accompagner l’utilisation de ces outils si demain nous souhaitons généraliser ce système en complément d’une prise en charge en présentiel. Mais il mérite d’être généralisé, et je sais d’ores et déjà que certains praticiens auront pris l’habitude de proposer à leur patient la téléconsultation.

 

Par exemple, pour nos résidents en EHPAD, cela évite qu’il se déplace et limite le risque pris. Même post Covid-19, le système de téléconsultation mis en place perdura notamment entre l’EHPAD et nos spécialistes à l’hôpital. Il s’insère dans l’ambition de l’établissement de renforcer les liens ville / hôpital, de déployer les prises en charges à distances, et complète les investissements engagés dans sa modernisation et la mise en place de son « virage numérique » inscrit dans la loi de santé.

 

Vous semblez connaître l’équipe NEHS DIGITAL depuis longtemps. Depuis quand l’histoire a-t-elle commencé ?

Nous travaillons ensemble depuis plus de 10 ans ! J’ai connu à l’époque les différentes expertises qui sont désormais sous le nom de NEHS DIGITAL : nous avons le PACS (ex- NGI), et le projet de Télémédecine s’est engagé il y a longtemps avec la plateforme Nexus (ex-Acetiam). Un autre système également complémentaire avait été choisi, qui est la prise de rendez-vous en ligne avec la solution KelDoc.